Le Divorce de mes marrants - Documentaire (2021)
Le Divorce de mes marrants - Documentaire (2021)

Documentaire de Anaïs Straumann-Lévy et Romy Trajman Road movie et musique 1 h 23 min 17 juin 2021 (France)

Romy, 23 ans, enquête sur le divorce de ses parents, aidée d’une amie à la caméra. Entre documentaire et chansons, ce road-movie de l’intime nous plonge au cœur d’une famille dysfonctionnelle et haute en couleurs.

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Le Divorce de mes marrants Film


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Comment se rassembler, quand on porte deux prénoms, comme la réalisatrice de ce documentaire musical et autobiographique, Sarah de naissance et Romy, nom nouvellement choisi par sa mère et utilisé pour son identité artistique ? Comment se rassembler, par-delà le divorce de ses parents ? Et même si ces derniers sont des « parents-marrants », un peu artistes, un peu fantasques, comme son père, Paul Trajman, artiste peintre affilié au mouvement Cobra et atteint de troubles psychiatriques, qui vit depuis son enfance dans la même maison bruxelloise, entre son propre père vieillissant et son frère malade, et oscille entre volubilité et mutisme, enthousiasme et découragement ; et sa mère, Marielle Sade (on ignore s’il s’agit d’un pseudo…), productrice de musique et autrice en mouvement perpétuel, issue du journalisme et fondatrice de la marque LOL, qui crée des chansons avec sa fille et n’entend pas laisser celle-ci s’éloigner d’elle ou s’affranchir de leur collaboration professionnelle.

Sur un fil, entre ses deux parents, son père à Bruxelles qu’elle n’a pas vu depuis le divorce, il y a dix ans, sa mère, à la fois hyper présente et hyper mobile, entre la France, les États-Unis, et son frère cadet, qui a fui à Los Angeles, Romy Trajman tente de mener sa vie et de devenir femme. À vingt-trois ans, elle décide de remonter le cours des choses et, armée d’une caméra, flanquée d’une amie, Anaïs Straumann-Lévy, qui sera directrice de photographie, témoin et interlocutrice hors-cadre, co-monteuse et co-réalisatrice, elle part vers Bruxelles rejoindre son père et enquêter auprès de lui et de sa grand-mère maternelle, Denise Benar-Cohen.

Perspicace, obstinée, la jeune femme saura forcer les silences, exfiltrer la parole, sonder les dénis, et accéder à l’histoire de ses propres parents pour mieux se comprendre elle-même, entre le traumatisme de la Shoah, de la folie maternelle, côté père, et inceste, dépression, désaccord parental sur fond de bienséance bourgeoise, côté mère.

Le film lui-même s’avance sur un fil, entre documentaire brut, intime et familial, et glose des émotions par des pauses chantées, sous forme de clips donnant à voir et à entendre les créations du duo mère-fille, qui plongent et explorent le ressenti de l’enquêtrice, laissent exploser ses émois, ses troubles, ses désarrois, toutes émotions qu’elle doit enfouir et contenir lorsqu’elle devient fer de lance, allant fourrager le réel et la vérité des faits.

Résulte de cette enquête à la fois auto et altri-psychanalytique un film ovni, radicalement singulier, qu’on aimerait voir accéder au grand écran des salles, et qui achève de démontrer qu’on ne se construit ni ne se sauve seul.